29 juin 2026

En néonatologie, chaque alarme donne l’impression qu’elle peut concerner votre propre enfant.

Ido Shenhav, Software Engineer, itemedical

Pour Ido Shenhav, la technologie de soins a pris une signification personnelle lorsque son fils Wesley est né très prématurément, après 27 semaines de grossesse. Son histoire montre pourquoi une bonne gestion des alarmes en néonatologie contribue à plus de calme, de confiance et d’espace pour être parent.

Pour Ido Shenhav, la technologie de soins a pris une autre dimension lorsque son fils Wesley est né beaucoup trop tôt, après 27 semaines de grossesse. Alors que son travail quotidien porte sur les systèmes, les données et les fonctionnalités, il a soudain vécu, en tant que parent, la réalité personnelle qui se cache derrière cette technologie.

Quand chaque alarme nous touche de près

Dès les premiers instants en néonatologie, Ido et sa femme Lindsay ont été confrontés à de nombreux stimuli. Plusieurs couveuses se trouvaient dans une même salle, séparées par des rideaux. D’autres parents étaient également assis auprès de leur enfant. Des sons venaient de partout : conversations, équipements et surtout alarmes. Chaque alarme attirait l’attention et donnait l’impression qu’elle pouvait concerner directement Wesley.

Le personnel soignant leur expliquait ce que signifiaient les différentes alarmes. Pourtant, l’expérience restait bouleversante. Une alarme de priorité moyenne qui continuait à retentir pendant plusieurs minutes sans que quelqu’un n’intervienne immédiatement créait de la tension et de l’incertitude. Ce qui, d’un point de vue clinique, n’était peut-être pas urgent, était tout sauf rassurant pour eux en tant que parents.

On est là, en tant que parent, très tendu, avec une alarme qui retentit pour son enfant.

Au cours des premiers jours, Ido et Lindsay réagissaient à presque chaque alarme avec une vigilance accrue. Avec le temps, une certaine habituation s’est installée. Les alarmes étaient toujours présentes, mais perdaient progressivement leur impact immédiat.

Cette habituation s’accompagnait d’un sentiment ambivalent. Ido y reconnaissait l’effet de la fatigue liée aux alarmes : lorsque les alarmes se répètent fréquemment, la distinction entre ce qui est important et ce qui l’est moins devient moins nette. Cet effet ne touche pas uniquement les professionnels de santé, mais aussi les parents.

De l’espace pour être parent

L’impact des alarmes est apparu surtout lors de moments qui demandent justement du calme. Comme le peau à peau : le contact direct entre le parent et l’enfant, la proximité et l’attention portée l’un à l’autre.

C’est précisément pendant ces moments que les alarmes — souvent celles d’autres patients dans la même salle — perturbaient le calme. Non pas parce que les soins faisaient défaut, mais parce que l’environnement était constamment présent. Pour Ido et sa femme, il est devenu évident à quel point cet environnement avait une influence importante. Ce n’est pas seulement l’état médical de votre enfant qui détermine la manière dont vous vivez une hospitalisation. Le bruit, les stimuli, l’intimité et le degré de contrôle ressenti déterminent aussi l’espace que vous avez pour être parent.

Lorsque Wesley a ensuite été transféré dans un hôpital disposant d’une chambre individuelle, Ido et Lindsay ont immédiatement remarqué la différence. La chambre offrait plus d’intimité et de calme. Ils pouvaient rester en continu auprès de leur enfant et dormir sur place. Ils n’entendaient plus les bruits d’autres patients, mais uniquement les sons liés à leur propre petit garçon.

L’attention s’est déplacée : il ne s’agissait plus de tenir le coup dans un environnement de soins chargé, mais d’être réellement présents en tant que parents. Wesley a bien grandi et a poursuivi son développement pendant cette période. Pour ses parents, la différence dans l’expérience vécue était clairement perceptible.

Ne pas mesurer moins, mais alerter de manière plus ciblée

Cette expérience a donné à Ido un nouveau regard sur les soins fondés sur les données et la gestion des alarmes. La sécurité reste toujours la base. En même temps, il ressent aujourd’hui plus fortement ce que chaque alarme individuelle provoque chez les parents au chevet de leur enfant.

De nombreuses alarmes sont de courte durée ou ne sont pas cliniquement pertinentes. Un capteur est mal positionné pendant un instant. Un enfant bouge. Une valeur baisse brièvement puis revient d’elle-même à la normale. Mais du point de vue d’un parent, la cause importe peu à ce moment-là. Le son est déjà là. Et avec lui, la tension.

La solution ne consiste donc pas à mesurer moins, mais à gérer plus intelligemment ce qui demande réellement de l’attention. Dans une salle commune, les parents entendent aussi les alarmes d’autres patients. Dans une chambre individuelle, plus de calme s’installe parce que ces sons disparaissent et que seuls les signaux liés à votre propre enfant restent présents. « Cela me semble être un très grand progrès : n’entendre que les alarmes de son propre enfant », explique Ido. Les alarmes importantes doivent bien sûr parvenir aux professionnels de santé. En filtrant, en retardant ou en priorisant soigneusement les alarmes, les équipes soignantes restent informées, tandis que les parents subissent moins de stimuli inutiles.

Une gestion des alarmes médicales attentive

L’expérience d’Ido montre que la gestion des alarmes médicales va au-delà de la technologie. Elle touche à la sécurité, au calme, à la confiance, mais aussi à quelque chose de profondément humain : l’espace pour rester près de son enfant.

Pour les parents en néonatologie, et dans d’autres services pédiatriques, chaque alarme provoque de la tension. Le traitement intelligent des alarmes aide à mieux faire la distinction : quels signaux nécessitent réellement une attention, lesquels peuvent être filtrés ou retardés en toute sécurité, et quelles alarmes concernent votre enfant ?

Et ce qui figure sur la liste de souhaits d’Ido ? Davantage de retour d’information centré sur le patient. Par exemple, rendre visible qu’un appel a été vu, même si un professionnel de santé ne vient pas immédiatement. Ce type de retour réduit l’incertitude.

Pour Ido, la technologie de soins est réussie lorsqu’elle soutient des soins sûrs et continue à les améliorer.

Une expérience qui va plus loin

Ido et Lindsay donnent également du sens à leur expérience d’autres manières. Ils ont partagé leur histoire avec des étudiants en médecine et restent impliqués auprès de l’hôpital par l’intermédiaire d’un groupe de parents. Leur message reste le même : derrière chaque valeur affichée sur un moniteur se trouve un enfant, avec des parents qui vivent chaque signal intensément.

C’est précisément pourquoi une bonne gestion des alarmes médicales contribue à réduire les stimuli inutiles, à créer plus de calme autour de l’enfant et à laisser plus de place à ce qui compte dans une période aussi vulnérable : le lien, la confiance et le soin porté les uns aux autres.

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