Une réduction moyenne de 70% des alarmes, ce n’est pas rien. C’est énorme.
Roy Donker, administrateur d’applications ICT et membre du comité de gestion des alarmes, Tergooi MC, Hilversum

Ce qui avait commencé chez Tergooi MC comme une problématique technique liée à l’intégration des données a évolué vers une approche plus globale de la gestion des alarmes médicales.
Après son emménagement dans le nouvel hôpital de Hilversum, Tergooi MC souhaitait transmettre les données de ses nouvelles pompes à perfusion à la fois vers le DPI et vers le système de distribution des alarmes. La station d’accueil ne prenait toutefois en charge qu’un seul flux de données, tandis que son remplacement aurait nécessité un investissement important.
La Medical Device Data Gateway (MDDG) d’itemedical a apporté la solution logicielle nécessaire. Par la suite, l’hôpital a également fait transiter les alarmes des moniteurs via la MDDG.
Cette base technique a apporté bien plus qu’une chaîne d’alarme plus stable. La MDDG rend également les données d’alarme disponibles à des fins d’analyse. L’hôpital a ainsi obtenu une vision précise de ce qui se passait réellement au sein de la chaîne d’alarme. La question n’était dès lors plus seulement : « Les alarmes sont-elles correctement transmises? », mais plutôt : « Quelles alarmes doivent réellement être envoyées immédiatement sur le téléphone des soignants ? »
Ces informations ont constitué le point de départ d’une réduction ciblée des alarmes dans six services. Une légère modification du délai d’alarme a produit un effet particulièrement important.
Une meilleure maîtrise de la chaîne d’alarme
Pour le service ICT, la MDDG offre une meilleure visibilité sur les dispositifs médicaux et sur l’ensemble de la chaîne d’alarme. Cela facilite la gestion quotidienne, mais aussi l’identification d’un dysfonctionnement ou d’une interruption lorsqu’un problème survient.
« Lorsqu’il y a un problème quelque part dans la chaîne d’alarme, je vois beaucoup plus rapidement où quelque chose ne fonctionne pas correctement. Auparavant, il fallait beaucoup plus de temps pour en identifier la cause. »
Des données d’alarme à une analyse ciblée
Le comité de gestion des alarmes avait constaté qu’un grand nombre d’alarmes médicales étaient envoyées aux équipes soignantes.
À partir des données d’alarme de six services, l’Alarm Coach d’itemedical a identifié les possibilités d’optimisation et analysé l’impact potentiel de différents délais sur les alarmes de faible priorité. L’analyse est réalisée séparément pour chaque service, car le profil des alarmes, leur nombre et leur type diffèrent notamment entre les unités de soins intensifs, de soins coronariens et les services pédiatriques. L’Alarm Coach formule donc des recommandations ciblées pour chaque service et s’appuie également sur l’expérience acquise dans d’autres hôpitaux. Cette comparaison a donné au comité de gestion des alarmes des éléments supplémentaires pour évaluer les possibilités d’introduire un délai d’alarme.
« Pouvoir comparer est très utile. Nous ne voulons pas nécessairement être le premier hôpital à mettre en place quelque chose. »
Lorsqu’on sait qu’un tel ajustement fonctionne bien dans un autre hôpital, cela donne confiance pour franchir soi-même le pas.
« Nous avons analysé dans quelle mesure le nombre d’alarmes diminuerait avec un délai de cinq, dix ou quinze secondes. Les chiffres étaient très prometteurs. Nous avons donc décidé d’aller plus loin. »
Pour cette première étape, Tergooi MC a choisi d’appliquer la même configuration dans l’ensemble de l’hôpital.
Le comité de gestion des alarmes prend la décision
Les données orientent les décisions, mais c’est le comité de gestion des alarmes qui détermine les adaptations mises en œuvre par Tergooi MC. Le comité réunit notamment des représentants de l’ICT, de la physique médicale, de la technologie médicale, des équipes infirmières, des coordinateurs d’équipe et un médecin spécialiste.
« La chaîne d’alarme dépasse les frontières entre les différentes disciplines. L’ICT y joue un rôle, tout comme la technologie médicale, mais ce sont finalement les équipes soignantes qui travaillent avec ces alarmes. Nous avons donc besoin les uns des autres. »
Le comité examine les analyses, évalue l’impact clinique et décide quelles adaptations peuvent être mises en œuvre de manière sûre et responsable dans la pratique clinique.
Un petit ajustement, un impact majeur
Le comité de gestion des alarmes a délibérément choisi de commencer par une première étape maîtrisée: un délai de cinq secondes sur les alarmes de faible priorité. À la suite de problèmes antérieurs au niveau de la chaîne d’alarme, le comité considérait qu’il était important de préserver la confiance et l’adhésion des différents services.
« Nous voulions mettre en place une adaptation dont nous pouvions tous dire : c’est responsable et c’est sûr. C’est pourquoi nous avons commencé modestement. »
Les chiffres de juin et juillet montrent clairement l’effet obtenu dans chaque service avant et après l’introduction du délai de cinq secondes.
Avant cette modification, les six services avaient enregistré 192 235 alarmes de faible priorité. Après l’introduction du délai, 58 968 alarmes ont atteint le téléphone des soignants. Cela représente 133 267 alarmes transmises en moins en deux mois, soit une réduction moyenne de 69 %.

Les données rendent l’impact visible
Dans la pratique quotidienne, cette diminution n’est pas toujours immédiatement perceptible. « Si vous interrogez les équipes soignantes, elles disent : j’ai l’impression de recevoir beaucoup moins d’alarmes. Mais cette nouvelle situation devient aussi très rapidement la norme. »
C’est précisément pour cette raison que des données d’alarme objectives sont essentielles : elles permettent de rendre l’impact réellement visible.
Poursuivre l’optimisation étape par étape
Pour le comité de gestion des alarmes, l’optimisation ne s’arrête pas à cette première adaptation. L’analyse périodique des données d’alarme permet d’identifier de nouveaux schémas et de nouvelles possibilités d’optimisation.
Dans ce processus, l’Alarm Coach accompagne l’hôpital grâce à l’analyse des données et à des recommandations ciblées. Le comité de gestion des alarmes reste aux commandes et détermine quelles adaptations peuvent être intégrées de manière sûre et responsable dans la pratique.
Roy apprécie également les échanges directs avec l’équipe itemedical, aussi bien lors des analyses que lorsqu’il a des questions concernant la MDDG.
Un cycle d’amélioration continue se met ainsi en place: analyser → évaluer → adapter → mesurer à nouveau
« Notre objectif est d’y revenir périodiquement afin de nous demander : comment pouvons-nous maintenant aller encore plus loin ? », explique Roy.
Considérez l’ensemble de la chaîne d’alarme
Roy donne avant tout un conseil aux autres hôpitaux: considérer la gestion des alarmes médicales dans son ensemble et impliquer toutes les disciplines qui jouent un rôle dans la chaîne d’alarme.
Pour moi, la MDDG constitue véritablement le maillon qui relie les différents éléments. Elle permet de beaucoup mieux comprendre ce que l’on fait dans son ensemble. On voit ce que l’on fait et ce que cela apporte.
Chez Tergooi MC, tout a commencé par une intégration fiable des données des dispositifs médicaux. Aujourd’hui, cette même base constitue le point de départ d’une réduction ciblée des alarmes et d’une optimisation continue de la chaîne d’alarme.